L'essentiel
Qu'est-ce que l'effet de serre naturel ?
Un phénomène indispensable à la vie
La terre reçoit toute son énergie du soleil. Seule une partie
de cette énergie est absorbée par la terre et l'atmosphère ; le reste étant
renvoyé vers l'espace. Avec cette énergie, la terre s'échauffe et ce grâce aux
gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère, qui empêchent les rayonnements
infrarouges d'être renvoyés de la terre vers l'espace.L'effet de serre,
phénomène naturel, est donc la condition indispensable à la vie sur terre. Sans
lui, la température de notre planète serait alors de -18°C, contre une moyenne
actuelle de 15°C.

Pourquoi cet effet de serre s'accentue ? Les activités
humaines rejettent des gaz à effet de serre dans l'atmosphère
L'accroissement de la concentration de gaz à effet de serre,
dont certains sont très efficaces en petite quantité, retient dans l'atmosphère
davantage de rayonnement infrarouge. Ce surplus artificiel d'effet de serre
provoque un réchauffement du climat. Les gaz dits à effet de serre, émis par les
activités humaines, intensifient ce phénomène depuis deux siècles.
D'où viennent les principaux gaz à effet de serre
produits par l'homme ?
Le gaz carbonique est surtout dû à la combustion des énergies
fossiles (charbon, pétrole, gaz) par les transports, les bâtiments et à
l'industrie. Le méthane provient des activités agricoles, de l'élevage, des
ruminants, du riz et des décharges d'ordure. Le protoxyde d'azote vient des
engrais azotés et de divers procédés chimiques. Les gaz fluorés sont
essentiellement des gaz réfrigérants utilisés par les climatiseurs.
Quels sont les effets observés à ce jour et les futures
caractéristiques des changements climatiques ?
Le phénomène actuel dépasse par son ampleur et sa
rapidité.
%u25BA Les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine
provoquent l'augmentation de la quantité de gaz à effet de serre dans
l'atmosphère, et, par conséquence, le réchauffement de notre planète. Ce constat
a été confirmé et affiné par le Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du
Climat (GIEC) dans son quatrième rapport publié cette année[1]. Celui-ci précise notamment que :
- Le réchauffement est dû à l'activité humaine avec au
moins 90% de certitude,
- Le réchauffement moyen constaté à la surface de la
terre au cours du siècle écoulé s'élève à 0,74°C,
- Le rythme d'accroissement actuel des concentrations
de gaz à effet de serre (GES) provoquera un réchauffement moyen de 0,2° par
décennie durant les trente prochaines années. Les températures pourraient
augmenter, d'ici 2100, de 1,1°C à 6,4 °C, suivant les différents scénarii.
- Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont
augmenté considérablement depuis l'époque préindustrielle. Rien qu'entre 1970 et
2004 elles ont augmenté de 70% .
%u25BA L'impact du réchauffement climatique se traduira dans au
moins cinq domaines :
- des phénomènes climatiques aggravés : multiplication
de certains événements météorologiques extrêmes (tempêtes, inondations,
sécheresses),
- un bouleversement de nombreux écosystèmes, avec
l'extinction de 20 à 30% des espèces animales et végétales, et des conséquences
importantes également pour les établissements humains ;
- des crises liées aux ressources alimentaires : dans
de nombreuses parties du globe (Asie, Afrique, zones tropicales et
sub-tropicales), les productions agricoles chuteront, provoquant de graves
crises alimentaires, sources de conflits et de migrations,
- des dangers sanitaires : le changement climatique
aura vraisemblablement des impacts directs sur le fonctionnement des écosystèmes
et sur la transmission des maladies animales, susceptibles de présenter des
éléments pathogènes potentiellement dangereux pour l'homme,
- des déplacements de population : l'augmentation du
niveau de la mer (18 à 59 cm d'ici 2100) devrait provoquer l'inondation de
certaines zones côtières (notamment les deltas en Afrique et en Asie) et causer
la disparition de pays entiers (Maldives, Tuvalu), provoquant d'importantes
migrations.
Quelles sont les incidences économiques du changement
climatique ?
Du point de vue économique, le rapport Stern évalue le coût de
l'inaction entre 5% et 20% du PIB mondial, et celui de l'action à 1% du PIB
mondial. Le GIEC établit le coût de la tonne de carbone évitée pour maintenir la
concentration en gaz à effet de serre en dessous de 550 ppm à environ 100$ :
ceci correspondrait à une augmentation de 20 centimes d'euro du litre d'essence
ou de gazole.
Quel concensus au niveau international et quel
objectif pour l'avenir ?
L'établissement d'un consensus autour d'une vision globale et
partagée des enjeux du réchauffement climatique devient indispensable :
l'article 2 de la Convention de Rio qui stipule que « les concentrations de
gaz à effet de serre doivent être stabilisées à un niveau qui empêche toute
perturbation anthropique du système climatique » constitue au stade actuel
l'unique référence en termes d'objectifs. L'objectif cherche aussi à réconcilier
la maîtrise des émissions et la poursuite du développement économique d'une
façon durable.
[1] Les travaux du GIEC s'articulent autour de 3 groupes de
travail : le Groupe I évalue les aspects scientifiques de l'évolution du
climat ; le Groupe II traite des questions relatives à l'impact du changement
climatique et aux moyens de s'y adapter ; le Groupe III évalue les solutions
envisageables pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ou atténuer
les effets des changements climatiques, y compris sous l'angle économique.
Emissions de Gaz
à effet de serres
L'atmosphère, c'est surtout de l'oxygène et de l'azote. Ces deux
gaz laissent passer les rayonnements, visible et infrarouge. D'autres gaz
laissent passer le visible, mais absorbent une partie des infrarouges et les
soustraient ainsi au rayonnement terrestre repartant dans l'espace. Ce sont les
gaz à effet de serre, responsables de l'effet de serre .Certains d'entre eux
sont naturellement présents dans l'air comme la vapeur d'eau, le gaz carbonique,
le méthane, le protoxyde d'azote. Mais les activités humaines produisent de plus
en plus ces trois derniers gaz (CO2, CH4, N2O). Leur concentration dans
l'atmosphère augmente. D'autres gaz sont uniquement issus de nos
activitésindustrielles (hydrofluorocarbones ou gaz fluorés, hexafluorure de
soufre, hydrocarbures perfluorés). Leur participation à l'effet de serre est
récente.
La durée de vie dans l'atmosphère des gaz à effet de serre varie
énormément : douze ans pour le méthane, une centaine d'années pour le gaz
carbonique et... 50 000 ans pour l'hexafluorure de soufre ! Ceci veut dire que
le gaz carbonique produit aujourd'hui fera encore effet dans un siècle. Le
pouvoir de réchauffement de ces gaz n'est pas le même. Un kilogramme de méthane
produit autant d'effet de serre que vingt-et-un kilogrammes de gaz carbonique,
et un kilogramme d'hexafluorure de soufre autant que vingt-quatre mille
kilogrammes de gaz carbonique. En définitive, des gaz émis en très petite
quantité peuvent fortement contribuer à l'accentuationde l'effet de serre.
D'où viennent les GES produits par l'homme ? Le
gaz carbonique est surtout dû à la combustion des
énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) et à l'industrie (fabrication de
ciment) ; le méthane provient de l'élevage des
ruminants, de la culture du riz, des décharges d'ordures, des exploitations
pétrolières et gazières ;le protoxyde d'azote vient
des engrais azotés et de divers procédés chimiques ; les gaz fluorés
sont des gaz propulseurs dans les bombes aérosols, des gaz
réfrigérants (climatiseurs). Ils sont émis aussi par diverses industries
(mousses plastiques, composants d'ordinateurs) ; l'hexafluorure de
soufre est un gaz détecteur de fuites, utilisé également pour
l'isolation électrique ; les hydrocarbures perfluorés
sont entre autres émis lors de la fabrication de l'aluminium.
Politiques nationales
Par rapport aux mesures déjà prises avant la
conférence de Kyoto et qui se limitaient à l'horizon 2000, les engagements du
Protocole exigent de nouvelles mesures pour stabiliser les émissions de la
France sur la période 2008/ 2012 à leur niveau de 1990.
Le Plan Climat
2004 [En
savoir plus] regroupe des actions dans tous les secteurs de l'économie et de
la vie quotidienne des français afin de stabiliser les émissions en 2010 à leur
niveau de 1990 (564 MteCO2), c'est-à-dire une économie minimale de 54 MteCO2*
par an à l'horizon 2010. Mais afin de s'inscrire dans une vision à plus long
terme, c'est-à-dire la division par 4 ou 5 des émissions d'ici 2050 [En savoir plus] , le
plan Climat permettra à la France de dépasser ses objectifs pour 2010, en
affichant une réduction totale de 73 MteCO2. Un premier bilan de mise en
oeuvre du Plan Climat a eu lieu fin 2005 [En savoir
plus]. Une actualisation de ce Plan a été présenté lors du Comité
interministériel du développement durable de novembre 2006 [En
savoir plus]. Et un second Rendez Vous Climat de bilan a eu lieu depuis en
janvier 2007 [En savoir
plus].
Les mesures prises suite à ce Plan tiennent une place
importante dans la quatrième Communication nationale à la Convention cadre des
Nations unies sur les changements climatiques et le Rapport Progrès démontrables
selon le Protocole de Kyoto [En savoir
plus] , publiés en 2006.
Impacts et adaptation
Tempêtes, canicules, inondations, la France n'est pas épargnée
par le changement climatique.
Les nouveaux résultats des nombreux programmes d'études et de
recherches scientifiques visant à évaluer les incidences possibles des
changements climatiques sur le territoire national rapportent que le
réchauffement climatique en France métropolitaine au cours du 20e siècle a été
50 % plus important que le réchauffement moyen sur le globe : la température
moyenne annuelle a augmenté en France de 0,9 °C, contre 0,6 °C sur le globe. Le
recul important de la totalité des glaciers de montagne en France est
directement imputable au réchauffement du climat. De même, les rythmes naturels
sont déjà fortement modifiés : avancée des dates de vendanges, croissance des
peuplements forestiers, déplacement des espèces animales en sont les plus
criantes illustrations Passé et futur convergent : un réchauffement de 2 °C du
globe se traduira par un réchauffement de 3 °C en France ; un réchauffement de 6
°C sur le globe signifierait 9 °C en France.
Face à ses prévisions alarmistes, seule l'élaboration d'une
politique d'adaptation coordonnée permettra de réduire la vulnérabilité du pays.
En France, des mesures d'adaptation sont déjà inscrites dans des plans ou des
politiques régionales. une stratégie d'adaptation au changement climatique a été
validée par le gouvernement dans le cadre de l'actualisation du Plan Climat en
novembre 2006 .
Science et recherche
Les activités humaines sont désormais menées à une telle
échelle que des systèmes naturels complexes comme le climat mondial s'en
trouvent perturbes. L'enjeu est si grand que les responsables ont besoin d'une
source objective d'informations sur les causes des changements climatiques,
leurs conséquences pour l'environnement et les solutions qui pourraient être
adoptées pour y faire face .. Conscients de tout cela, l'Organisation
météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement
ont crée en 1998, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du
climat ( GIEC) .Ce groupe a pour mandat d'évaluer objectivement les meilleures
informations d'ordre scientifique , technique et socio économique sur le sujet
dont on dispose à l'échelle mondiale . Depuis sa création, le GIEC a produit de
nombreux rapports qui sont devenus des ouvrages de référence universels [En savoir
plus].
Du côté national, la recherche et l'observation systématique
sont également au cour de la politique Climat française. La France s'attache à
développer des programmes dans les domaines de la compréhension du climat, de
son observation, de la modélisation du climat futur et de son impact sur la
société [En
savoir plus] . De même elle travaille sur les technologies permettant de
limiter les émissions de gaz à effet de serre et de s'adapter au changement
climatique [En savoir
plus].
Relations internationales
La Convention cadre des Nations Unies sur les
changements climatiques (CCNUCC) [En savoir
plus] a été adoptée par le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 et
est entrée en vigueur le 21 mars 2004. Aujourd'hui, elle a été ratifiée par 188
pays et la Communauté européenne . Elle reconnaît l'existence du changement
climatique d'origine humaine et impose aux pays industrialisés le primat de la
responsabilité pour lutter contre ce phénomène. Devant l'ampleur du phénomène,
le Protocole de Kyoto conclu en 1997 [En savoir
plus], constitue une étape essentielle de la mise en oeuvre de la
Convention.Plus de 150 parties (y compris la Communauté européenne) ont ratifié
le Protocole qui est entré en vigueur le 16 février 2005.
Au titre du
Protocole, les pays industrialisés se sont engagés à respecter des quotas de
réduction ou de limitation de leurs émissions de gaz à effet de serre, et ce en
moyenne pour la première période dite d'engagement, soit 2008 / 2012. Si le
résultat à atteindre est clairement défini dans le Protocole de Kyoto, les
moyens pour y parvenir le sont moins : ces sont les accords de Bonn et Marrakech
de 2001 qui y répondent . De nombreuses conférences ont eu lieu depuis et ont
adopté de nombreuses décisions. La première Conférence des Parties de la
Convention agissant en tant que réunion des Parties au Protocole s'est tenue en
2005 à Montréal [En savoir
plus]. La construction du régime multilatéral sur les changements
climatiques est un chantier qui ne s'arrête pas avec l'entrée en vigueur du
Protocole.
Au contraire, l'entrée en vigueur ne fait que souligner
l'importance de relancer les négociations sur la période après 2012 en vue
notamment d'associer davantage toutes les Parties à la lutte contre les
changements climatiques [En savoir
plus].
Dans une logique de solidarité et conformément à ses
engagements au titre de la Convention cadre et au Protocole de Kyoto , la France
accorde une haute priorité à la coopération internationale , et ce à travers la
mise en oeuvre de projets sur tous les continents, des projets portant tant sur
la réduction des émissions que sur l'adaptation aux impacts , à travers des
contributions financières croissantes et à travers son engagement en faveur des
mécanismes de projet prévus par le protocole de Kyoto [En
savoir plus].
Cadre européen
L'Union européenne, qui est aujourd'hui responsable d'environ
14 % des émissions de gaz à effet de serre, a pris la tête des efforts
internationaux visant à enrayer le changement climatique. Dès 1990, l'UE s'est
volontairement engagée à stabiliser ses émissions de CO2 au niveau de 1990 pour
l'an 2000, un objectif pleinement réalisé. Elle a aussi joué un rôle
prépondérant dans la négociation et la mise en ouvre de la convention cadre des
Nations Unies sur le changement climatique de 1992 et son protocole de Kyoto de
1997, qu'elle a ratifié le 31 mai 2002.
Pendant les négociations du protocole de Kyoto, les quinze pays
qui composaient l'UE à l'époque se sont fixés un objectif particulièrement
ambitieux : ramener collectivement leurs émissions de gaz à effet de serre 8 %
en-dessous des niveaux de 1990 en 2012. Cet objectif général a été traduit en
objectif spécifique ayant force d'obligation pour chaque Etat Membre en fonction
de sa capacité à réduire ses émissions. La plupart des 10 pays qui ont rejoint
l'UE en 2004 ont des objectifs individuels fixés par le protocole, à l'exception
de Chypre et de Malte, qui n'ont pas d'objectif [
En savoir plus].
Fin 2005, les émissions de l'Europe des Quinze sont en baisse
de 1,5 % par rapport à 1990 et les émissions des 27 Etats membres y étaient
de 7,29 inférieures [
En savoir plus]
Pour se faire , la Commission Européenne [En savoir
plus] a lancé en mars 2000 le premier Programme européen de lutte contre le
changement climatique [
En savoir plus ] , programme qui a permis l'adoption de nombreuses
politiques et mesures . Certaines des mesures annoncées dans le PECC se sont
déjà traduites par des directives et propositions, dont le potentiel de
réduction est estimé entre 276 et 316 Mteq CO2.
Quoiqu'il en soit , Kyoto n'est qu'une première étape dans le
défi climat. Afin de contenir le réchauffement climatique à 2°C d 'ici la fin du
siècle , la Commission européenne a proposé des pistes d'action et de réflexion,
qui ont été validées par les chefs d'Etat des pays membres lors du Conseil
européen de mars 2007 [ En savoir plus
].
Action citoyenne
Guide
pratique
Partout des initiatives se mettent en place, au niveau de l'Etat,
des collectivités, des entreprises... Mais rien ne peut aboutir sans l'action
individuelle. Tout le monde est concerné , l'action collective et individuelle
sont indispensables si l'on veut réussir à réduire les émissions de gaz à effet
de serre .
Même si plusieurs sondages s'accordent à reconnaître la
sensibilité croissante des Français au changement climatique , celle ci est
encore insuffisante [
En savoir plus].
La maîtrise du changement climatique ne peut être effective que
si sa problématique est non seulement connue et comprise par tous les acteurs de
notre société, mais affichée au plus haut niveau comme un enjeu de la plus
grande importance.
Les ménages français émettent près de la moitié des émissions
nationales . La moitié de ces émissions est directement liée à un comportement
quotidien, à la maison, au travail , en voiture [En
savoir plus].
C'est pourquoi des campagnes de sensibilisation, des aides
financières, des guides et des étiquettes Energie sont proposés afin de guider
les citoyens vers des comportements et des achats plus sobres en carbone .
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